Vertèbre déplacée ?

Le 6 juin 2012 | ostéopathie, pathologie | Commentez

Les sensations ne mènent pas forcément à une vérité scientifique, et nous conduisent parfois à des conclusions hâtives et des concepts faux:

« Pour le vulgaire rien n’est plus simple à définir que la matière. Il donne ce nom à tout ce qu’il touche, sent, distingue, etc. Persuadé qu’il voit les choses comme elles sont réellement, il ne se doute guère que ce qui est perçu, ce ne sont nullement les objets eux-mêmes, mais seulement les impressions que ces objets produisent sur les sens. Jamais il ne s’est dit que ces impressions, variant avec l’état des organes qui les perçoivent, ne peuvent être aucunement considérées comme la copie exacte du monde extérieur, et qu’en réalité les propriétés de la matière ne sont que le pouvoir, possédé par quelque chose d’entièrement inconnu dans son essence, d’exciter en nous telle ou telle sensation. » Gustave Le Bon

Il en est ainsi du fameux mythe de la « vertèbre ou articulation déplacée »

Dans quelles circonstances une vertèbre ou articulation est médicalement considérée comme « déplacée »?

Une douleur articulaire ou vertébrale est-elle le reflet du déplacement d’une vertèbre?

La Luxation, seul cas réel de « déplacement » articulaire

La luxation est une perte de continuité anatomique entre les surfaces articulaires de deux segments osseux. Elle est le plus souvent liée à un évènement traumatique puissant (chutes sportives, accidents de voiture, accidents sur la voie publique…), entraîne des douleurs très vives, une incapacité à mobiliser l’articulation atteinte et n’est pas du ressort de l’ostéopathe. C’est un état pathologique sérieux dont les complications neurologiques et vasculaires peuvent être graves et qui doit faire l’objet d’une prise en charge médicale.

Luxation de l’épaule
Luxation cervicale de C5 par rapport à C6

L’idée reçue et la fausse sensation de « déplacement »

Les patients qui consultent en ostéopathie pensent très souvent s’être déplacé une articulation. Ils associent la douleur ressentie et l’inconfort au mouvement à l’hypothèse qu’une vertèbre, par exemple, ce serait décalée dans l’espace par rapport aux autres. Or aucun évènement traumatique n’est à l’origine des douleurs qui se sont par ailleurs installées progressivement. Il s’agit en réalité dans ce cas d’un enraidissement plus ou moins progressif des tissus d’un système articulaire. Le rôle d’un ostéopathe n’est donc pas, comme il est souvent admis, de « replacer » des vertèbres ou des articulations mais de faire céder les raideurs articulaires excessives.

Thomas Locher, Ostéopathe D.O.

Add A Comment